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Aujourd’hui Bach m’accompagnera dans ma jolie étincelle du Vendredi. Avide de découvrir de nouvelles saveurs, j’ai souhaité délecter mon palais avec des délices peu connues des Juives trop Sages. Et me suis donc lancée dans une préparation Shabbatique, en m’offrant au passage, un verre de vin à se caresser la lèvre supérieure avec la langue. Je vous le conseille. Ça fait durer le plaisir.

 J’aime bien observer la Lame de mon couteau. Pleine de Force, indestructible, étincelante, elle gronde au rythme de ma main qui appuie sur son manche avec calme et justesse. Cette lame me ressemble. J’ai la nuque qui frissonne, et au son de l’adagio en D minor, c’est comme si son créateur en personne venait me la souffler toute entière dans le creux de mon cou.

 Bach est ma grande faiblesse. Avec lui, je pourrais tomber amoureuse de l’éloquence en personne. Qui y’a t’il de plus agréable pour une femme qu’une portée, un ensemble de notes doux et parfaitement bien emboité pour glisser doucement le long des courbes de son corps ? La musique est à la douceur, ce que l’amour est à la caresse. Elle la sublime, la rend belle, clairvoyante, authentique. Je parle d’une violence des sentiments, là où on ne contrôle rien, où seuls les gestes parlent, où ma bouche ne dit pas non et où bien au contraire elle s’exalte de ne même pas avoir besoin de prononcer un oui. Et pour s’aventurer là où seule la sensibilité a su faire ses preuves, quel meilleur délice que la musique ?

Je crois avoir perdu Bach dans le Creux de mes Reins.

 Bach est mon premier amour, mes premières larmes, ma première envie, mon premier souffle. J’ai appris à l’aimer lui et ses superbes notes comme ma mère m’a appris à aimer l’odeur du plat qui cuit doucement aux premières heures du vendredi.

 Qu’il est bon de se rappeler que la sensibilité n’a besoin que d’une âme pour exister. Qu’il est bon de se rappeler que dans l’actualité qui gronde, mes boucles brunes, comme celles de ma mère, suffisent à me rappeler que ma Neshamah vibre encore et encore. En 1945, un certain Adolf avait décrété qu’un Juif ne pouvait pas apprécier la musique. Qu’il la salit rien qu’en l’écoutant.

Qu’il est bon de se dire que moi, Juive, au cœur même de tout ce qu’on m’a transmis,  j’ai retrouvé Bach dans le creux de mes Reins.

Shabbat Shalom mes Amours,

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Written by Emmeline Bouaziz
Founder & CEO of WASS. Head of Marketing passionnée de Photographie. #Foodaddict qui tchoutchoukaïse en Jimmy Choo.